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par Jean-Marie D'Amour Agent de réadaptation en déficience visuelle et Webmestre Institut Nazareth et Louis-Braille Comme à l'Institut
nous avons toujours la préoccupation de rendre l'information
accessible à nos usagers, nous ne pouvions pas passer à
côté du phénomène Internet sans nous y impliquer. J'ai commencé à
travailler sur l'adaptation d'Internet en janvier 1996. Je l'ai fait
tout d'abord dans Internet est un phénomène
grand public en croissance rapide. Il n'est pas qu'une mode passagère.
Il va persister tout en évoluant et va changer profondément
nos façons de nous informer, Des entreprises privées
ou publiques de plus en plus nombreuses ont placé ce nouvel outil
au cur de leur stratégie de communication interne et externe.
Il devient dans bien des cas un outil de travail indispensable.Une personne
non-voyante peut très bien utiliser le courrier électronique,
ce qui n'est pas le cas de la télécopie, impossible ou
difficile à lire. Elle peut faire des achats, Internet est cependant une réalité en évolution très rapide, une rapidité de changement que l'on peut qualifier de phénoménale et de passablement essoufflante. Malheureusement, cette évolution ne va pas toujours dans le bon sens. Toutes ces nouvelles technologies qu'on introduit si rapidement sur Internet ne facilitent pas toujours la tâche de ceux qui veulent les utiliser via des adaptations brailles ou sonores. En pratique, cette course à la nouveauté ressemble souvent à une course d'obstacles qu'il faut franchir ou contourner, mais qu'il faut surtout voir venir d'un peu plus loin si l'on veut augmenter ses chances de réussir. Même s'il existe
un organisme centralisé comme le World Wide Web Consortium qui
tente d'établir des standards qui tiennent compte des besoins
des personnes handicapées, HTML 4.0, par exemple. Il est débordé
de toutes part par les petits et les grands concepteurs trop pressés L'adaptation d'Internet est donc une bataille permanente qui se fait sur plusieurs fronts à la fois. J'en signalerai trois: Un premier front est celui de l'adaptation des sites Web. Ses défenseurs croient qu'il faut attaquer le problème à sa source. Plusieurs organismes, dont l'institut Nazareth et Louis-Braille, diffusent donc des conseils sur les meilleures façons de faire et les erreurs à éviter dans la conception d'un site Internet bien adapté à toutes les clientèles, y compris la nôtre. Le développement
de la norme HTML 4.0 est une des initiatives qui va dans ce sens. On
y propose des approches et des moyens qui pourraient rendre les sites
Web beaucoup plus accessibles. Le deuxième front est celui de l'amélioration des outils d'adaptation à l'environnement d'Internet. Les outils d'adaptation tels que JAWS ont été conçu comme des interfaces à Windows et ont donc une vocation générale d'adaptation qui ne répond que partiellement aux besoins générés par l'environnement Internet. La défi réside dans la complexité de plus en plus grande des mise en pages sur le Web. Les personnes non-voyantes
qui utilisent des machines à lire font déjà face
à ce problème. A partir du moment où les concepteurs
de magazines disposent d'outils de conception de plus en plus puissants
et versatiles, il devient presque inévitable que leurs produits
deviennent de plus en plus complexes. La même évolution
s'appliquera vraisemblablement à Internet avec l'apport du multimédia
et de la réalité virtuelle en plus. Le troisième et dernier front sur lequel je m'arrêterai est celui des fureteurs ou logiciels de navigations dédiés aux non-voyants. Même si cela peut sembler rétrograde ou anti intégration, cette approche demeure nécessaire pour pallier aux limites des deux premières déjà évoquées. Aujourd'hui, comme probablement dans le futur, l'adaptation des sites et l'amélioration des outils d'adaptation ne pourront répondre à toutes les situations. Il y aura toujours des sites dont la présentation est tellement complexe qu'ils doivent être réinterprétés de façon compréhensible pour un non-voyant. C'est le rôles des logiciels de navigation dédiés. En pratique, je conseille déjà à mes clients non-voyants de ne pas se fier à un seul outil de navigation et de recourir au besoin à un fureteur dédié, quitte à explorer un même site de façon parallèle avec l'outil graphique grand public et l'outil texte dédié. La difficulté de
cette approche, parce qu'il y en a encore une, est de maintenir à
jour un outil dédié qui suive l'évolution de la
technologie Internet tout en proposant une réinterprétation
à la fois fidèle au contenu, mais accessible en terme
de mise en page. Des deux outils que je connais actuellement, on dit
de l'un (Lynx) qu'il a été abandonné par ses concepteurs
d'origine et qu'il n'évoluera probablement plus ou difficilement.
De l'autre (PW Webspeak), je dois dire qu'il n'est En guise de conclusion, je voudrais vous laisser deux messages: Mon premier message est
qu'il n'y a pas suffisamment d'énergies investies sur l'adaptation
d'Internet compte tenu du potentiel d'intégration sociale de
ce nouveau média.
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